Bioéthique

« UN RECUL DE LA CIVILISATION ! »

À la veille du nouvel examen du projet de loi de Bioéthique à l’Assemblée Nationale, le cardinal André Vingt-Trois, président de la conférence des évêques France, souhaite alerter les Français et les parlementaires sur la gravité des options retenues par le texte dans sa version actuelle et les risques majeurs qui pourraient en découler pour notre société et l’avenir de l’homme.

La révision de la loi de bioéthique a été préparée par un vaste débat national avec les États Généraux et les nombreuses contributions qui ont jalonné le parcours. Ce long processus aboutissait à des positions relativement équilibrées dont le vote des députés en première lecture était le reflet. Si tant de personnes se sont impliquées avec conviction dans ce débat, c’est sans doute parce que nous percevons bien que, par le biais de décisions apparemment techniques, s’exprime un choix de civilisation. Vers quelle société voulons-nous progresser ?

Malheureusement, si les modifications introduites dans le projet de loi par le Sénat étaient entérinées par l’Assemblée Nationale, une certaine conception de l’être humain serait très gravement compromise.

En effet, la levée de l’interdiction habituelle des recherches provoquant la destruction des embryons humains ouvrirait largement le champ à une instrumentalisation de l’être humain, au moment même où la Commission européenne travaille à la protection des embryons des animaux, ce qui constitue un sinistre paradoxe ! Est-il besoin de rappeler que les résultats scientifiques enregistrés à ce jour devraient plutôt stimuler d’autres pistes de recherche aujourd’hui moins encouragées bien que leur efficacité soit vérifiée ? Autre paradoxe étonnant ! Faut-il donc imaginer que des lobbies économiques évaluent que la recherche sur l’être humain est plus rapide et moins coûteuse que les expérimentations animales ? Où irions-nous avec ces seules évaluations ? N’y a-t-il pas d’évaluation éthique de la recherche ?

De plus, la systématisation juridique du diagnostic prénatal nous conduirait inévitablement à un eugénisme d’État. Quel message adresserions-nous ainsi aux personnes handicapées que nous affirmons vouloir respecter et intégrer dans la société ? Quel signal donnerions-nous à leurs familles ? Leur dirons-nous que la solution idéale eut été que leurs enfants n’aient pas vu le jour ? Et pourquoi ne pas consacrer les sommes considérables que l’on engloutirait dans ce dépistage systématique pour financer la recherche, en particulier concernant la trisomie 21 ?

Ces questions seront sans doute évitées dans la prochaine campagne électorale. Pourtant, des réponses que nous y apportons aujourd’hui, dépend le type de société que nous préparons pour nos enfants et vers lequel nous serons acheminés. Les plus faibles et les plus vulnérables y auront-ils encore leur place ? Le respect inconditionnel de l’être humain vaut mieux que des démissions peu réfléchies et peu courageuses qui font reculer notre civilisation en la poussant vers des choix extrêmes.

Le lundi 23 mai 2011

Cardinal André Vingt-Trois - Archevêque de Paris - Président de la Conférence des Évêques de France

Du 4 au 9 septembre, RENATE, « Religieuses en Europe en réseau contre la traite et l’exploitation », organise un congrès à Cracovie (Pologne) pour sensibiliser et approfondir la collaboration entre les religieuses engagées dans le domaine de la Traite des êtres humains.

Soeur Marie-Hélène (venue en début d’année à l’aumônerie témoigner sur ce sujet) assiste actuellement à ce Congrès et nous fait parvenir le communiqué de presse.

Congrès contre la traite des êtres humains – Cracovie

75 religieuses de 17 pays d’Europe sont réunies pour aborder la question de la traite des êtres humains du 4 au9 Septembre, encouragées par le cardinal Dziwisz, Primat de Pologne, Archevêque de Cracovie.

Le 4 Septembre, le Cardinal Stanislaw Dziwisz leur a déclaré : « Vous êtes impliquées dans un ministère très important à l’époque contemporaine, dans laquelle -comme dit Jean Paul II – les horizons du continent européen qui, malgré de grands signes de foi et de témoignage, et une ambiance sans doute plus libre et unifiée, ressent les conséquences de la dévastation morale et spirituelle … La violence physique, émotionnelle et mentale se répand et ses victimes en sont des personnes vulnérables, privées de leur dignité et souvent traitées comme objet de commerce. »

Il s’adressait à elles lors de la séance d’ouverture d’une conférence organisée par le groupe « Religieuses en Europe en réseau contre la traite et l’exploitation » (Renate), qui se tient à Trzebinia, Pologne du 4 au 9 Septembre. Les 75 participants proviennent de dix-sept pays de l’Est, Europe centrale et occidentale.* Le cardinal Dziwisz, qui fut secrétaire de Jean Paul II, et a fait plusieurs fois référence au document post-synodal de 2003, « Ecclesia in Europa » *. Il a rappelé à son auditoire, nous lisons au § (86) : « L’amour préférentiel pour les pauvres est une dimension nécessaire de l’existence chrétienne et de service à l’Evangile. Aimer les pauvres, et témoigner qu’ils sont particulièrement aimés de Dieu, c’est reconnaître que les personnes ont une valeur en eux-mêmes, en dehors de leur statut économique, culturel et social, et les aider à tirer le meilleur parti de leur potentiel. » Il poursuit : « Grâce à votre coopération inter-congrégations et aux structures internationales, vous pouvez travailler avec une puissance et une efficacité redoublées. Vous êtes en possession du plus grand potentiel, qu’on ne peut trouver même dans les plus riches organisations : votre potentiel est votre union avec le Christ, Rédempteur du monde. »

La Conférence se déroule en Anglais, avec traduction simultanée en polonais, Shqip, Allemand, Italien, Français et Portugais. Presque tous les participants parlent plusieurs langues. Le processus est facilité par Sœur Claire Nolan des Sœurs du Bon-Pasteur, américaine. Le Discours d’ouverture du 5 septembre est donné par l’analyste britannique bien connu, Ian Linden, sur les opportunités, les défis et les dangers de la situation de la traite humaine. La Théologienne Mary Grey est présente pour une réflexion théologique à la fin de chaque journée. Le 8 Septembre, elle donnera une intervention visant à aider le groupe à développer une théologie et une spiritualité qui voudraient dynamiser ceux qui prennent à cœur la question de la traite des personnes. Des expériences de fonctionnement des refuges pour victimes de la traite en Albanie et en Pologne seront développées dans des ateliers sur le droit et le trafic, le lobbying, les droits des femmes à la liberté, l’enseignement catholique social, la question de la demande commerciale de sexe, et un atelier sur le rôle prophétique que des religieuses peuvent jouer dans la lutte contre ce crime dans le monde entier.

L’équipe liturgique a préparé un rituel pour une semaine créative avec lectures bibliques, responsoriaux, conduisant à pétrir et cuire du pain à partir du blé de nombreux pays. La conférence se terminera par des séances de planification des résultats concrets : travail en réseau, coopération en Europe. Et tout se terminera par la détente, lors d’une soirée de divertissement, nourriture et boissons de Pologne. Parmi les participants, une représentante de l’Union Internationale des Supérieures Générales et aussi l’une de la Conférence des religieux en Europe. Tous les documents et les résultats seront disponibles sur le site de Renate

http://www.renate-europe.net/

* Les pays représentés sont les suivants : Albanie, Autriche, Croatie, République Tchèque, France, Allemagne, Irlande, Italie, Kosovo, Monténégro, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Royaume Uni.