☼ Dans la perspective des prochaines JMJ de Madrid, dix jeunes Français de 19 à 29 ans ont reçu, la semaine dernière à Paris, une formation pour répondre aux sollicitations de la presse. Ne les appelez pas « porte-parole » des JMJ… Le terme, « trop institutionnel », indiquerait à tort que Pierre, Anne, Amaury, Celina et les autres sont chargés de transmettre le message de l’Église, de manière univoque et sans états d’âme. Après avoir été sélectionnés parmi une vingtaine de candidats, tous les dix, âgés de 19 à 29 ans, ont reçu la semaine dernière à Paris une formation de quatre jours à la communication. L’initiative revient à Sœur Nathalie Becquart, directrice adjointe chargée de la pastorale étudiante à la Conférence des évêques de France et responsable de la communication dans l’équipe française d’organisation des Journées mondiales de la jeunesse qui se tiendront en août prochain en Espagne : « Dans un contexte de relations parfois difficiles entre l’Église et les médias, l’idée est de donner à dix jeunes les moyens de pouvoir répondre aux sollicitations de la presse, écrite et audiovisuelle. »
♦ Bannir le jargon d’Église En réalité, elle n’est pas inédite. En septembre dernier déjà, à l’occasion de la visite du pape en Grande-Bretagne, des laïcs britanniques s’étaient formés dans le cadre de l’opération Catholic Voices à devenir des porte-parole de l’Église. La formation leur avait été dispensée par de grands médias britanniques, dont la BBC. Sœur Nathalie Becquart n’ignorant pas que les JMJ sont « la tête de gondole de l’Église », pour reprendre son expression, il lui a semblé essentiel de mettre en avant des visages avenants, sachant exprimer leur foi avec des mots simples et compréhensibles par le plus grand nombre.Et c’est bien l’une des principales découvertes de ces dix jeunes gens, étudiants ou déjà entrés dans la vie active, armés d’un solide bagage intellectuel et d’une bonne capacité à prendre la parole : dès lors qu’il est amené à parler de ses convictions religieuses et de son engagement, aucun n’est épargné par le jargon d’Église qui donne à son discours la terrible impression de s’adresser à des initiés. À bannir donc « les temps de partage », « c’est ma vocation », et même les mots « diocèse » et « aumônerie », réalités inconnues des 96% de non-pratiquants et privilégier l’emploi de « Jésus » à celui de « Christ »…
♦ S’adapter pour demeurer audible tout en restant soi-même « Tout de suite après la formation, je m’en suis rendu compte lors d’une soirée que j’animais à l’aumônerie de Sciences-Po : j’emploie des mots flous pour évoquer mon expérience intérieure », raconte Pierre, 19 ans, président du Centre Saint-Guillaume et qui partira aux JMJ avec le Réseau Jeunesse ignatien. Le jeune homme résume bien l’équation que doit résoudre tout jeune chrétien appelé à « témoigner » – autre mot très en vogue dans les milieux catholiques – devant micros et caméras : « Il faut savoir s’adapter pour demeurer audible tout en restant soi-même. Par exemple, tout le monde ne voit pas forcément ce que nous mettons derrière le mot “prière”, mais il faut arriver à faire comprendre que ce n’est pas tout à fait la même chose que la méditation. » Depuis quelques jours, Pierre est en tout cas plus attentif aux règles de ce milieu journalistique qu’il jugeait assez « superficiel ». Et l’envie de s’y confronter grandit : « Je me dis qu’il faut que j’approfondisse mes connaissances théologiques pour pouvoir répondre à des questions plus polémiques, comme la bioéthique ou le préservatif… »
♦ Voir les journalistes comme des amis Les futurs « porte-parole » des JMJ sont pourtant habitués à affirmer leurs convictions dans le milieu universitaire ou professionnel. « Les prises de position du pape suscitent toujours beaucoup de discussions et l’on me demande chaque fois si je suis d’accord », confirme Anne, 24 ans, ingénieur d’études dans le domaine des stations d’épuration, qui partira à Madrid avec le diocèse de Rouen. Elle fait toutefois état d’une « grande écoute » de la part de ses interlocuteurs, dans son entreprise ou en dehors : « Il arrive que des collègues viennent me voir pour des échanges plus personnels parce qu’ils savent que je suis catho. Notamment lorsqu’ils sont confrontés à des événements douloureux, comme le décès d’un proche. » La formation à la communication l’a donc confortée dans l’idée qu’il fallait rester « soi-même » dans l’approche des médias. « C’est une belle mission que l’on nous confie : dire que la foi nous conduit à vivre des relations vraies, à nourrir de belles discussions avec les gens que l’on côtoie », estime-t-elle. Une « mission » que ses camarades et elle veulent envisager sans peur. « On a nous a dit qu’il fallait voir les journalistes comme des amis », lance Celina.Hilarité générale de ses confrères et consœurs. « L’essentiel, c’est la sincérité, reprend l’un des apprentis communicants. On ne nous demande pas de tenir un discours général, mais de relier notre foi à une expérience. Dire “je” plutôt que “on”. » Exercices de respiration, théâtre et interviews… Durant quatre jours, cette première formation à la communication dispensée dans l’optique des JMJ a repris le principe d’une session organisée depuis l’an dernier par le Service national des vocations à l’intention des religieux, religieuses ou (futurs) prêtres. Les deux premiers jours ont été consacrés à des exposés (le monde de la presse, les attentes des journalistes, l’utilité de communiquer dans l’Église, etc.) et à des ateliers d’expression corporelle et de respiration menés par des comédiens professionnels. La deuxième partie a mêlé rencontres avec les professionnels des médias catholiques (Bayard, La Vie, « Le Jour du Seigneur ») et exercices pratiques d’interviews, menés par René Poujol, ancien directeur de la rédaction de Pèlerin. Avec un mot d’ordre: « Utiliser des images plutôt que des concepts, se faire confiance tout en prenant conscience que la parole individuelle n’engage pas que soi. »
| Bruno BOUVET – Journal la Croix – 1er mars 2011 |
♡ À l’occasion de Pâques, et à quelques mois des JMJ de Madrid, les résultats d’une grande enquête la Croix et du SNEJV (Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations), à laquelle ont répondu plus de 3000 jeunes catholiques de 16 à 30 ans, sont parus dans l’édition de la Croix du samedi 23, dimanche 24, lundi 25 avril 2011. Une génération « contempl’active », des jeunes spirituels et solidaires.
♡ Une génération attachée à la spiritualité et aux sacrements
→ La messe est « essentielle » pour 59% des jeunes et « très importante » pour 18%. Logiquement, 81% estiment que, pour se rendre proche de Dieu, la messe s’impose. 72% affirment assister chaque semaine à la messe.
→ La prière (pour 69%), le chant et la musique (pour 59%) comptent aussi pour ces jeunes et leur foi. 63% disent s’adonner quotidiennement à l’oraison, 24% à la lecture de la Bible.
♡ Des jeunes engagés dans la société et demandeurs de dialogue avec les autres religions
→ Les jeunes attendent d’abord de l’Eglise qu’elle promeuve la place de la spiritualité dans la société (pour 47%) et défende davantage la vie (44%).
→ Pour 70% des jeunes, l’engagement dans la société est très important (36%), voire essentiel (34%).
→ 55% affirment être engagés dans une action de solidarité : secteur associatif (66%), soutien financier (44%), services ponctuels (27%), syndicat ou parti (8%).
→91% estiment capital de témoigner de leur foi, par des discussions (92%), des actions concrètes (59%).
→ Ouverts à la pluralité, 80% se disent intéressés par le dialogue avec les religions, en particulier l’islam (pour 86%) et le judaïsme (84%).
♡ Éclatement des pratiques : vers une Église de réseaux
→ Les aumôneries continuent de jouer un rôle essentiel pour 42% des jeunes, devant les groupes de prières (34%).
→ 10% des jeunes participent régulièrement aux mouvements comme la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) ou le MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne) et 12% à des communautés nouvelles (Emmanuel, …).
→ Mais 69% affirment avoir pourtant déjà participé à un événement diocésain.
→ Les cercles de proximité comptent toujours : La famille demeure le lieu de la transmission de la foi (par les parents pour 88% des jeunes, ou les grands-parents pour 40%).
→ Pour les jeunes, la foi passe aussi par des figures d’autorité : prêtre (62%), pape (53%) ou religieux (34%), devant les animateurs (10%). Leurs modèles ? Mère Teresa (34%), Soeur Emmanuelle (30%) et Jean-Paul II (23%).
→ Pour 15% des jeunes interrogés, un catholique, c’est d’abord quelqu’un « qui prie, qui pense à Dieu » et qui « a été baptisé ».
« Le Père Sévenier, qui participe à l’équipe de préparation, propose ici de participer aux JMJ avec le diocèse de Bayeux. Chacun peut transposer l’invitation pour s’inscrire … avec son diocèse ». Les Normands sont allés des « pays du Nord » jusqu’à notre terre… et si nous allions du Nord vers le Sud cet été ? Les navires se transforment en cars pour embarquer 500 jeunes de trois diocèses ensemble : Bayeux et Lisieux, le Havre et Séez.
L’OBJECTIF ☀ LE SOLEIL DE MADRID ☀
Du 9 au 23 août 2011, le soleil de Madrid sera le rayonnement de la foi le milliers de jeunes venus du monde entier. Les « Journées Mondiales de la jeunesse » sont d’abord un pèlerinage… Rencontres, festival, catéchèses, fêtes, recueillement, messes, visites, partage de foi, rencontre avec le pape, autant d’éléments qui trouvent une cohérence autour de la joie de vivre en Eglise. Notre groupe de Normands ira de Lisieux à Avila.C’est bien un événement pour notre Église diocésaine, tous les fidèles du diocèse sont concernés ! Les uns pour soutenir par la prière et le partage tandis que les autres seront vos « pieds » ! C’est la communion des uns avec les autres qui porte la foi : communion spirituelle mais aussi par l’attention fraternelle. Le plus important aujourd’hui ? Prier, prier régulièrement pour que ces jeunes, enracinés en Christ, portent des fruits de témoignage. Mais aussi oser parler des JMJ ! Vos voisins ont 90 ans ? Parfait ! Ils ont peut-être des petits-enfants d’une trentaine d’années ou des arrière-petits-enfants ! Vos cousins ont 17 ans ? Parfait, ils peuvent trouver dans le magazine Eglise de Bayeux et Lisieux où s’inscrire au plus tôt (le prix est plus bas) !À propos de prix, il ne faut pas qu’il soit tout-à-fait un obstacle : l’aide mutuelle au sein d’une paroisse est possible. Et puis, pour aider au financement, les jeunes vont proposer une grande vente aux enchères à Lisieux, une pièce de théâtre sur Charles de Foucauld (demandez à l’accueillir dans votre paroisse !) et même un événement autour du « Tour de France » qui passera à Lisieux ! Dans les paroisses, des propositions seront faites comme la vente d’objets marqués au thème des JMJ… Que Jésus soit notre soleil ☀ Tous en route ☀ Benoît SEVENIER, prêtre eudiste, équipe d’accompagnement des JMJ
☼ LE BONHEUR DE CROIRE
Partant pour les JMJ avec les jeunes du diocèse, j’ai été invité à animer trois catéchèses pour différents groupes francophones. La première de ces catéchèses porte sur ce thème : « Fermes dans la foi ». Je poserai simplement cette question aux jeunes : « Êtes vous heureux de croire ? » Le pape Benoît XVI nous dit : « Je vous invite à intensifier votre chemin de foi en Dieu le Père de Notre Seigneur Jésus Christ. Vous êtes l’avenir de la société et de l’Église. » Comme l’écrit le Pape, notre monde occidental connaît une éclipse de Dieu. Il y a comme un certain refus du christianisme. En même temps, il y a une réelle quête de sens dans les jeunes générations. Même si le mot Dieu a disparu de notre culture, même si l’on n’a pas besoin de Dieu pour vivre, il y a une soif spirituelle qui réapparaît. Il faut savoir que toute culture secrète une contre-culture. Cette société de consommation n’apporte pas le bonheur chez nos contemporains même s’ils en profitent. Alors soyons attentifs à ce qui est en train de naître. Jésus dit dans l’Évangile : « Heureux vos yeux qui voient ce qu’ils voient. » Puissiez vous voir avec le regard de Dieu. Il ne cesse de naître dans notre monde. Il y a aussi une soif de la foi chez certains. La preuve en est le baptême des 3 000 adultes à Pâques dans nos paroisses en France. Accompagnant le catéchuménat en France depuis six ans, j’en suis le témoin émerveillé.
Ces milliers de jeunes qui vont aller aux JMJ ou dans des lieux de pèlerinage comme Lourdes en sont encore la preuve. En même temps si nos communautés chrétiennes diminuent en nombre, elles ne cessent de vivre un véritable renouveau spirituel. Dieu n’a pas déserté notre monde occidental et l’Église n’est pas là pour faire du chiffre comme dans une entreprise. La foi est un don de Dieu et dans le « Youcat », ce document jaune que vont recevoir tous les jeunes aux JMJ, il est écrit : « La foi c’est savoir et avoir confiance. La foi est un pur don de Dieu que nous obtenons quand nous le demandons avec ferveur. La foi grandit quand nous écoutons toujours mieux la Parole de Dieu et quand, par la prière, nous engageons un dialogue vivant avec elle. » Comme l’écrit Laura (24 ans), jeune baptisée : « Le baptême a été pour moi comme une illumination. J’ai trouvé une joie et une force insoupçonnée dans l’appel à mener une vie nouvelle… Je suis confiante, je sais que Dieu nous aime et qu’Il connaît notre coeur, qu’ai-je donc à craindre ? » « Heureux ceux qui croient », dit Jésus. Chers amis, jeunes ou moins jeunes, puissiez-vous retrouver cette joie de croire dans un Dieu qui nous aime et qui n’a pas déserté notre monde. † Jean-Claude BOULANGER, évêque de Bayeux et Lisieux
Cette semaine, bon nombre de jeunes partent vers Madrid afin de participer aux XXVIes Journées Mondiales de la Jeunesse.
Temps de rencontre des jeunes chrétiens du monde, ce rassemblement est aussi et surtout l’occasion de rencontrer le Christ, afin d’enraciner et de fonder sa vie en Lui, selon les mots de saint Paul aux Colossiens : « Enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi » (Col 2,7). Avec les bas-normands, des séminaristes et des Pères du séminaire de Caen vont prendre la route pour Avila ou pour Ciudad Real. Nous comptons sur votre prière, sur votre soutien spirituel pour que nous puissions être présents aux côtés des jeunes et surtout pour que nous les conduisions au Christ, Chemin, Vérité et Vie, qui peut combler l’homme. Nous vous proposons de prier pour nous, pour les jeunes, pour nos Églises diocésaines en reprenant la prière des JMJ.
Amigo y Señor Jesucristo : Ami et Seigneur Jésus Christ combien tu es grand ! À travers ta parole et tes oeuvres, tu nous as révélé qui est Dieu, ton Père et Père de tous les hommes, et qui tu es : notre Sauveur. Tu nous invites à tes côtés. Nous voulons suivre tes pas en tout lieu. Nous te rendons grâce pour ton Incarnation ; Fils Éternel de Dieu, tu as accepté de te rabaisser en te faisant homme. Nous te rendons grâce pour ta mort et ta Résurrection ; Tu as obéi à la volonté du Père jusqu’au bout et pour cela, tu es le Seigneur de tous et de toutes choses. Nous te rendons grâce car par ton Eucharistie tu es resté parmi nous ; Ta présence, ton sacrifice et ton banquet nous invitent à nous unir à toi. Tu nous invites dans ta maison. Nous nous mettons à ton service pour annoncer ton Nom, guérir en ton Nom et inviter nos frères à ta moisson. Envoie ton Esprit Saint afin qu’il nous illumine et nous fortifie. La Vierge Marie, ta Mère que tu nous offres sur la croix, nous encourage sans cesse à suivre tes préceptes. Tu es la vie. Que notre pensée, notre amour ainsi que nos oeuvres trouvent en toi leur fondement ! Tu es notre Rocher, que la foi en toi soit la pierre angulaire de nos vies ! Nous te prions pour le pape Benoît XVI, les évêques ainsi que tous ceux qui préparent les prochaines Journées Mondiales des Jeunes à Madrid. Nous te prions pour nos familles ainsi que nos amis, spécialement ceux qui viendront découvrir ta face à travers ces rencontres et par le témoignage vivant et ferme de la foi. Extrait du site du Séminaire Saint Jean Eudes
☼ LES SAINTS PATRONS DES JMJ
Sainte Rose de Lima (1586-1617) : Isabelle de Flores est née en 1586 à Lima au Pérou d’une pauvre famille espagnole dont elle était la dixième enfant. Elle sera la première sainte canonisée du Nouveau Monde en 1671.Sainte Marie de la Tête et Saint Isidore : l’exemple de sainteté d’Isidore et Marie continue de montrer le chemin du mariage non seulement comme une institution mais aussi comme une vocation qui ouvre la porte à la sainteté. Saint Rafael Arnái (1911-1938) : Frère Marie Raphaël, est né le 9 avril 1911 à Burgos. Jean-Paul II a proposé le moine trappiste comme un modèle pour les jeunes d’aujourd’hui, et l’a béatifié à Rome, le 27 Septembre 1992.Saint Jean de la Croix (1542-1591) : originaire d’Avila en Espagne, fut inspiré par Sainte Thérèse. Catéchèse de Benoît XVI du 16 février 2011.Saint Jean d’Avila (1502-1569) : prêtre de paroisse fut aussi prédicateur itinérant et fondateur de collèges. Il dirigea de trés grandes figures spirituelles parmi lesquelles Saint Jean de Dieu et Sainte Thérèse d’Avila. Saint François-Xavier (1506-1552) : évangélisateur du Japon fut l’un des fondateurs de la Compagnie de Jésus.Saint Ignace de Loyola (1491 – 1556 ) : fondateur de la compagnie de Jésus et initiateur des « Exercices spirituels ».Sainte Thérèse d’Avila (1515 – 1582) : entrée à 20 ans au Carmel, elle fut avec Jean de la Croix, l’instigatrice de la réforme de cet ordre.
Mgr Boulanger
Ayant passé une partie du mois d’août avec les jeunes du diocèse, j’aimerai redire ici mon admiration pour ces jeunes. Devant leur enthousiasme et leur réalisme je ne peux que m’émerveiller. Il y a chez eux à la fois une soif d’authenticité et de vie spirituelle. Ils sont bien les jeunes de leur temps, d’Internet et de Facebook et en même temps ils savent que le fait d’être chrétiens les marginalise parfois aux yeux de leurs copains et copines. Ils savent aussi faire la différence entre le témoignage et le prosélytisme. Que ce soit en Espagne ou à Lourdes, ils ne renient pas leur appartenance à l’Église catholique et nous disent leur joie de mettre leur confiance dans le Christ. Ils sont en quête de raisons de vivre et de croire et souhaitent que les adultes sachent rendre compte de leur foi.
Une soif d’intériorité et de fraternité
Ce qui m’a le plus impressionné c’est leur soif d’intériorité. Ils chantent aussi bien les chants de Taizé, du Renouveau que du latin, à condition que ces chants les nourrissent spirituellement ou expriment une dimension d’intériorité. Ils sont capables de longs moments de silence devant le Saint Sacrement comme nous avons pu le vivre à Madrid au cours des célébrations avec le pape. À nous les adultes, ils nous rappellent que l’originalité du chrétien dans le contexte de notre époque réside dans la foi et l’espérance. Ils partagent les inquiétudes des jeunes de leur temps par rapport à l’avenir mais ils ne sont pas résignés. Ils ont confiance dans la vie et ils savent qu’elle est un combat même s’ils veulent profiter de l’instant présent. Ils attendent de l’Église qu’elle soit une messagère de confiance à la suite du Christ. Le Pape Benoît XVI a repris le message de Jean Paul II sur ce sujet parce qu’il perçoit bien l’attente des jeunes.
À travers les questions, lors des catéchèses aux JMJ, un défi apparaît nettement : celui de la place de la communauté et de la fraternité. Beaucoup de jeunes sont marqués par l’individualisme de notre société de consommation et en même temps ils ont soif de fraternité. Il y a peu de lieux où ils peuvent faire l’expérience d’une vie communautaire. Tous les responsables de groupes de jeunes vous diront l’intérêt de ces camps et de ces temps-forts. Il y a une pédagogie du vivre ensemble qui s’élabore peu à peu. Ils vivent aussi la foi de manière individuelle car ils sont peu nombreux dans les communautés chrétiennes et souvent les seuls jeunes dans les paroisses. Et c’est là un vrai défi au niveau de la foi. Les rassemblements sont vitaux pour ces jeunes et en même temps ils risquent d’être éphémères si ces jeunes ne trouvent pas de lieux pour se retrouver. Le Christianisme s’exprime au sein d’une communauté depuis ses origines. Il a besoin de communautés chrétiennes authentiques. Cette question se pose pour notre diocèse comme pour la plupart des diocèses de France. Elle se pose aussi en Espagne. Le quadrillage territorial ne suffit plus pour répondre à l’attente des jeunes puisque c’est une génération qui connaît une grande mobilité. Des communautés comme Taizé ou un certain nombre de communautés nouvelles font aussi l’admiration de nos frères évêques espagnols. Ils perçoivent un véritable renouveau spirituel en France comme nos frères allemands quand nous sommes allés à Cologne.
Un renouveau spirituel et une présence au monde
Ce renouveau spirituel n’est pas une fuite des problèmes du monde. En particulier à Madrid, les jeunes voulaient comprendre ce qui se passe dans ce pays. Beaucoup d’entre eux sont prêts à donner un temps de leur jeunesse pour des projets de solidarité. A travers leur avenir professionnel, on sent une envie de vivre les valeurs de l’Évangile. Ils savent que ce sera dur dans un monde de compétition où il faut toujours être le meilleur.
J’aimerai terminer en invitant les adultes à oser rencontrer cette jeune génération. À leur côté on fait une cure de jouvence et d’enthousiasme. Pour un évêque c’est un temps de grâce. On reçoit tellement quand on vit à leur côté parce qu’ils nous obligent à aller à l’essentiel et à rendre compte de nos raisons de vivre. Et si l’Église était en train de naître dans un nouveau monde ! Merci à vous les jeunes.
† Jean-Claude BOULANGER, évêque de Bayeux et Lisieux 1er septembre 2011
♦ Vous avez accordé votre soutien à la JMJ bien longtemps avant les célébrations. Pourquoi cette alliance avec un événement catholique de cette ampleur ?
David Hatchwell : Ceux qui pensent les mêmes choses doivent pouvoir être ensemble. Les catholiques, comme d’autres groupes, ont le droit de s’exprimer, quand bien même il y aurait des protestations. Ils ont droit de croire en ce qu’ils croient, et c’est pourquoi nous avons cette proximité, parce que nous juifs savons bien ce que c’est que d’être dénigrés. Nous comprenons ce que c’est que de ne pas avoir de légitimité, et je le vis constamment dans ma chair. Je suis très sensible, et je suis non seulement préoccupé mais irrité par les tendances à ‘dé-légitimer’ les gens. On peut ne pas être d’accord avec quelqu’un, mais on n’a pas à lancer des attaques contre des groupes de manière injustifiée, et hors de contexte. Dans ce sens, notre soutien à un événement comme la JMJ est clair. Je me réjouis que cette JMJ ait eu lieu, d’où la proximité avec cette initiative.
♦ À ce que je vois, la rencontre vous a plu…
Ce voyage du pape a été incontestablement un succès absolu. Il s’agit du plus grand événement de ces dernières décennies, et je ne me souviens pas avoir vu quelque chose de semblable. Voir Madrid avec toute cette jeunesse dans les rues, des jeunes visiblement parfaitement sains, débordant d’une énergie positive, cela a été incroyable, merveilleux. L’évaluation ne peut être que positive. Tous les jours, dans la multitude des événements qui se sont succédés, la preuve a été donnée que ce qui était recherché était un moment spirituel très puissant, et c’est ce qui s’est passé. […]
♦ Quel aspect du message du pape a attiré particulièrement votre attention ?
Indéniablement le message a été très important, surtout la reconnexion avec une série de valeurs. Cet appel transcende un credo spécifique ; les messages ne sont pas seulement chrétiens, mais universels. Le pape a demandé aux jeunes d’être courageux dans leurs convictions. Nous sommes confrontés à un relativisme éthique très profond, avec une tendance à ôter leur valeur à des choses qui, pour beaucoup de personnes, représentent les principes fondamentaux de leur éducation. En cela nous sommes en total accord avec le pape : dans une société moderne, des valeurs sont nécessaires pour faire face au relativisme et continuer à croire dans les convictions morales que les gens apprécient. Il y a un autre aspect frappant du message : que nous ne vivions pas dans la tyrannie de l’individu, il n’y a pas un « je » absolu, mais que les valeurs spirituelles et le service du prochain sont aujourd’hui nécessaires.
♦ Ces valeurs sont-elles partagées entre juifs et chrétiens ?
Absolument. Chrétiens et juifs partagent des valeurs communes fondamentales. Jésus était juif, les premiers chrétiens aussi, d’où les valeurs partagées qui restent indéniablement les mêmes.
♦ Depuis le Concile Vatican II, les relations entre l’Église catholique et le judaïsme se sont améliorées de façon substantielle.
Nous savons que, des siècles durant, les relations entre l’Église et le judaïsme n’avaient rien à voir avec celles que nous connaissons aujourd’hui, elles se sont améliorées depuis 40 ans. Je me sens privilégié de vivre au jour d’aujourd’hui, à un moment où la perception que l’Église a des juifs est totalement différente.
♦ Les jeunes juifs ont-ils des rencontres semblables aux JMJ ?
Des rencontres, oui, mais pas de cette ampleur. Il y a des réunions de jeunes du monde entier, venant de Russie, d’Ethiopie, des États-Unis… dans lesquelles ils se rassemblent et partagent des valeurs communes. Ils réfléchissent sur la vie, sur le service des autres, sur le fait d’assumer ses responsabilités… Les jeunes sont très importants dans notre tradition. Les adultes possèdent davantage de connaissances et d’expérience, mais le présent et l’avenir appartiennent aux jeunes : il faut constamment investir dans les jeunes pour qu’ils connaissent la base de notre tradition, qu’ils la vivent et puissent la transmettre, parce que si on ne fait pas cet effort avec la jeunesse, en 30 ans les chiffres peuvent changer. Il faut proposer un élément culturel de base aux jeunes. Dans mon cas, j’ai la chance de vivre dans un pays démocratique où j’ai le droit d’exercer mon culte, et je serais heureux que mes enfants continuent comme je l’ai fait, comme l’ont fait mes parents, et ce depuis des millénaires. Je voudrais leur inculquer qu’ils ne sont pas seulement responsables de leurs microcosmes, et que c’est bien d’avoir une vie heureuse, pleine et réussie, mais en servant les autres, et pas seulement la communauté juive, mais en étant des personnes bonnes et altruistes. En cela aussi, chrétiens et juifs, nous partageons les mêmes valeurs. Songeons que le judaïsme est né comme la première religion monothéiste à un moment où n’existait pas le droit à la vie pour tous ; si tu étais esclave, tu ne jouissais pas des mêmes droits, il y avait des sacrifices humains… Les droits de l’homme font partie de l’ADN du judaïsme et ils ont configuré la société occidentale, comme de son côté le christianisme.
Propos recueillis par Miriam Díez i Bosch – Madrid, mardi 20 septembre 2011 (ZENIT.org)
1,5 million de jeunes représentant 193 pays, 800 évêques et cardinaux, 14 000 prêtres ont participé à cette messe géante qui marque la fin des JMJ 2011. Concluant les Journées Mondiales de la Jeunesse, dimanche 21 août à Madrid, le pape a envoyé les jeunes en mission auprès de leurs proches.
Chers amis,
♦ Vous allez rejoindre maintenant vos lieux de résidence habituelle. Vos amis chercheront à savoir ce qui est changé en vous après avoir été dans cette noble ville avec le Pape et des centaines de milliers de jeunes du monde entier : Que leur répondrez-vous ? Je vous invite à leur donner un témoignage audacieux de la vie chrétienne. Vous serez alors le ferment de nouveaux chrétiens afin que l’Église naisse avec vigueur dans le cœur de beaucoup.
♦ Combien j’ai pensé ces jours-ci à ces jeunes qui attendent votre retour ! Transmettez-leur mon affection, en particulier aux plus défavorisés, et aussi à vos familles et aux communautés de vie chrétienne auxquelles vous appartenez.
♦ Je ne peux m’empêcher de vous dire que je suis vraiment impressionné par le nombre significatif d’évêques et de prêtres présents à ces Journées. Je les remercie tous du fond de mon cœur, les encourageant en même temps à continuer à développer la pastorale des jeunes avec enthousiasme et engagement.
♦ Confiant maintenant tous les jeunes du monde, et en particulier vous, chers jeunes, à l’intercession maternelle de la Sainte Vierge Marie, Étoile de la nouvelle évangélisation et Mère des jeunes, nous la saluons avec les mêmes paroles que l’Ange du Seigneur lui adressa.
♦ Je voudrais annoncer maintenant que la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse aura lieu en 2013 à RIO DE JANEIRO. Demandons au Seigneur d’assister dès maintenant de sa force tous ceux qui auront la tâche de la préparer et faciliter le chemin des jeunes du monde entier pour qu’ils puissent rencontrer de nouveau le Pape dans cette belle ville brésilienne.
Chers jeunes francophones, soyez fiers d’avoir reçu le don de la foi, c’est elle qui illuminera votre vie à chaque instant. Appuyez-vous sur la foi de vos proches, sur la foi de l’Église ! Par la foi, nous sommes fondés dans le Christ. Retrouvez-vous avec d’autres pour l’approfondir, fréquentez l’Eucharistie, mystère de la foi par excellence. Le Christ seul peut répondre aux aspirations que vous portez en vous. Laissez-vous saisir par Dieu pour que votre présence dans l’Église lui donne un élan nouveau !
Voici la liste des ateliers spirituels et des temps de prière que vous pourrez découvrir à ECCLESIA CAMPUS le samedi 4 Février :
ATELIERS SPIRITUELS
1 – La Bible – Un atelier interactif pour s’impliquer et se laisser interpeller en parcourant ensemble un texte du Nouveau Testament, animé par deux rédactrices de ZeBible (la nouvelle Bible pour les 15-25 ans) : Francine Leclerc, bibliste, Église Réformée de France et Élisabeth Terrien, catholique.
2 – L’Évangélisation, avec les Aumôneries de Reims et Chambéry, le Chemin Neuf et Alpha Campus
3 – Formation à l’évangélisation : formation et proposition d’évangélisation de rue, place Ste Anne et rue de St Malo (rue de la Soif) avec le groupe Anuncio.
4 – Discernement et vocation avec la CC de Centrale
5 - L’art de choisir. Quelques pistes pour décider juste, CC Polytechnique avec le P. Roland Gosselin, sj
6 – Des figures de Saints : Claire de Castelbajac, Pier Giorgio Frassati, Chiara Luce, Padre Pio, Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, avec la CC Edhec, Melkisedhec Lille
7 – Les fondamentaux de la foi, avec le séminaire de Rennes
8 – L’Œcuménisme, avec la pastorale étudiante de Strasbourg
9 – La nouvelle évangélisation – « Comment l’invoquer sans d’abord croire en lui ? Et comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre sans prédicateur? » (Rm 10, 14). Avec la pastorale étudiante de Montpellier
10 – Chercher et trouver Dieu dans sa vie – À l’écoute du retentissement de ce que je vis (joies, confiance, audace, découragement…), apprendre à lire comment Dieu me parle. Découverte des règles de discernement de Saint Ignace de Loyola puis exercice pratique : un temps de prière personnelle à partir se sa vie. Avec des étudiants de l’Icam.
11 – La prière et les différentes façons de prier, comment prier ? Atelier sur les différentes façons de prier et les différentes formes de prière : lectio divina, adoration … Avec la CC de Centrale/EMLyon
TEMPS DE PRIÈRE
1 – La prière de Taizé, avec le frère Alois supérieur de la communauté, accompagné par deux autres frères et le groupe Taizé de Rennes. Cette prière sera dans le pur style « Taizé » (chants répétitifs, de lecture, de silence ) et se déroulera dans la Cathédrale de Rennes à 18h et à 19h.
2 – Méditer et prier à partir d’une œuvre d’art : peinture de Chagall, avec la Pastorale étudiante de Nice
3 – Prier les Vêpres avec des Moines de Timadeuc : cet office de l’Église est proposé par les religieux et religieuses présents, l’occasion aussi de vivre le sacrement de la réconciliation et de visiter le pôle vocations.
4 – Initiation à la prière. Il s’agit de proposer tout un parcours initiatique autour de chants, textes, textes tirés de la Bible, afin d’accompagner les participants vers un temps de silence où ils pourront prier librement. Animé parla CC d’ULM
5 – Prière charismatique de louange, animée par le groupe de louange EPHESIA originaire d’Avignon ces étudiants animent la prière du groupe Ephata de Lyon ; composé de 8 musiciens et animateurs de louange, ils proposent une nouvelle manière de prier d’une façon festive.
6 – Adoration, avec la communauté de l’Emmanuel de Rennes, toute la journée dans l’Église Saint-Hélier.
7- Chapelet médité « Quand on récite le chapelet, on revit les moments importants et significatifs de l’histoire du salut ; on parcourt de nouveau les différentes étapes de la mission du Christ. Avec Marie, on tourne son cœur vers le mystère de Jésus. On place Jésus au cœur de notre vie, de notre temps, de nos villes, à travers la contemplation et la méditation de ses saints mystères de joie, de lumière, de douleur et de gloire… » Benoît XVI, le 3 mai 2008. En ce samedi, nous prierons les mystères joyeux. Animé par CGE Nantes
8- Dialogue contemplatif, goûter la Parole de Dieu, en faire profiter le groupe au rythme des temps de lecture, de silence méditatif et de partage. Animé par des étudiants de l’Icam
9- Prière ignatienne avec la Bible, avec la Mission étudiante de Metz et le RJI (Réseau Jeunesse Ignatien)
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