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« Je te suivrai partout où tu iras, dit un homme à Jésus. Jésus déclara : Le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer la tête » (Luc 9,57-58)

Chers amis,

Une jeune fille est venue témoigner auprès d’un groupe de confirmands de son désir d’entrer dans la vie religieuse. Les jeunes lui ont demandé ce qui était le plus difficile pour elle. Elle a répondu ceci : « D’abord je suis heureuse de travailler avec des jeunes comme enseignante, surtout avec des jeunes en difficulté. Je veux suivre le chemin que le Christ m’appelle à prendre. Si le Seigneur me veut sur cette route, je suis entièrement d’accord. Je crois que si je dis ‘Oui’ au Christ, il me rendra heureuse. Ce qui est le plus difficile c’est de quitter ma vie professionnelle et ma famille que j’aime beaucoup ».

J’imagine que pour Sœur Sonia, ce fut la même chose. Pour suivre Jésus il faut commencer par quitter parce que c’est une aventure. Mais comme toute aventure, elle commence par un départ pour un ailleurs.

L’Évangile est clair : On ne peut pas suivre Jésus sans quitter notre Nazareth à nous : pour l’un c’est une vie professionnelle, pour un autre c’est une vie familiale. Mais cela est vrai aussi dans le mariage : « L’homme quittera son père et sa mère, dit la Genèse, et s’attachera à sa femme ». C’est par amour que l’on quitte et c’est important de le redire. Si Jésus quitte Nazareth et qu’il n’a pas d’endroit où reposer la tête, c’est par amour de son Père et de l’humanité. Il veut manifester l’Amour de Dieu pour tous les hommes. Il n’est pas non plus un chef religieux qui rassemble quelques disciples autour de lui pour discuter et enseigner sa doctrine. Il va les inviter à devenir des ‘pêcheurs d’hommes’, à livrer leur vie pour sauver les hommes des forces des ténèbres.

Lors des JMJ, devant 1600 jeunes religieuses, au palais de l’Escurial, le pape Benoît XVI s’est exprimé en ces termes : « Chères jeunes religieuses, la rencontre personnelle avec le Christ, qui nourrit votre consécration, doit témoigner de toute sa force transformatrice dans vos vies; elle revêt une importance particulière, alors qu’on constate une sorte d’ ‘éclipse de Dieu’, une certaine amnésie, voire un réel refus du christianisme et un reniement du trésor de la foi reçue, au risque de perdre sa propre identité profonde. La radicalité évangélique s’exprime dans la mission que Dieu a voulu vous confier: par la vie contemplative qui accueille dans ses cloîtres la Parole de Dieu dans un silence éloquent et adore sa beauté dans la solitude habitée par lui ; par les diverses formes de vie apostolique, où germe la semence évangélique, dans l’éducation des enfants et des jeunes, dans le soin des malades et des personnes âgées, dans l’accompagnement des familles, dans l’engagement en faveur de la vie, dans le témoignage de la vérité, dans l’annonce de la paix et la charité, dans l’engagement missionnaire, dans la nouvelle évangélisation et dans bien d’autres domaines de l’apostolat ecclésial.

Chères sœurs, c’est à ce témoignage de sainteté que Dieu vous appelle, en suivant Jésus de très près et sans conditions dans la consécration, la communion et la mission. L’Église a besoin de votre jeune fidélité enracinée et fondée dans le Christ. Merci pour votre ‘oui’ généreux, total et perpétuel à l’appel du Bien-Aimé. Que la Vierge Marie soutienne et accompagne votre jeunesse consacrée, avec le vif désir que cela interpelle, encourage et illumine tous les jeunes. »

Le pape s’est aussi adressé aux jeunes en leur disant : « N’ayez pas peur du monde, ni de l’avenir, ni de votre faiblesse ».

Pour ceux qui étaient à Madrid, nous nous souvenons aussi de cette fameuse veillée à Cuatro Vientos où le pape n’a pas pu lire son homélie, il a dû s’arrêter au deuxième paragraphe : Voici deux petits extraits qu’il adressait aux jeunes : « Mais comment un jeune peut-il être fidèle à la foi chrétienne et vivre en cherchant à atteindre de grands idéaux dans la société actuelle ? Dans l’Évangile que nous avons écouté, Jésus nous donne une réponse à cette question importante: « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9). Oui, chers amis, Dieu nous aime. Telle est la grande vérité de notre vie, celle qui donne sens à tout le reste. Nous ne sommes pas le fruit du hasard ou de l’irrationalité mais, à l’origine de notre existence, il y a un projet d’amour de Dieu. Demeurer dans son amour, c’est vivre enraciné dans la foi parce que la foi n’est pas la simple acceptation de vérités abstraites mais une relation intime avec le Christ qui nous conduit à ouvrir notre cœur à ce mystère d’amour et à vivre comme des personnes qui se savent aimées de Dieu. Si vous demeurez dans l’amour du Christ, enracinés dans la foi, vous rencontrerez, même au milieu des contradictions et des souffrances, la source de la joie et de l’allégresse. La foi ne s’oppose pas à vos idéaux les plus élevés; au contraire, elle les exalte et les porte à leur perfection. Chers jeunes, ne vous conformez pas à moins qu’à la Vérité et à l’Amour, ne vous conformez pas à moins qu’au Christ. »

Le pape ajoutait pour les jeunes francophones : « Chers jeunes francophones, soyez fiers d’avoir reçu le don de la foi, c’est elle qui illuminera votre vie à chaque instant. Appuyez-vous sur la foi de vos proches, sur la foi de l’Église ! Par la foi, nous sommes fondés dans le Christ. Retrouvez- vous avec d’autres pour l’approfondir, fréquentez l’Eucharistie, mystère de la foi par excellence. Le Christ seul peut répondre aux aspirations que vous portez en vous. Laissez-vous saisir par Dieu pour que votre présence dans l’Église lui donne un élan nouveau ! »

Chers amis, combien de personnes reconnaissent aujourd’hui qu’elles ont eu raison de dire ‘Oui’ au Seigneur ! Elles ont été comblées, disent certaines. Effectivement quand nous disons oui au Seigneur, il nous donne des frères et des sœurs. Nous ne sommes plus seuls. « Nul n’aura quitté maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champ à cause de moi et de la Bonne Nouvelle, qu’il ne reçoive le centuple dès maintenant » (Marc 10,29). Jésus continue de nous dire : « viens, suis-moi ».

+ Jean Claude Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux

Voter, un acte de liberté ! C’est l’interpellation de Mgr Podvin. Les Français éliront en effet leur président lors des élections des 22 avril et 6 mai, pour un mandat de cinq ans.  Les évêques de France ont publié des critères pour aider les catholiques à se prononcer dans un document d’octobre 2011 intitulé : « Élections : un vote pour quelle société ? » (voir site de l’aumônerie).

Le porte-parole de la Conférence épiscopale rappelle que voter est une « liberté durement acquise ».

♦ Voter ? « À quoi bon ! » disent les désabusés. L’air du temps leur donnerait-il raison ? Une voix semble peser peu de choses sur le devenir d’une société, quand les assesseurs vident le contenu des urnes le soir du scrutin. Pourtant, ton expression ne doit pas manquer à la recherche du bien commun !

♦ Le niveau de la campagne est certes décevant. Mais, n’ajoute pas ton abstention à cette médiocrité ambiante. Ne gaspillons pas cette liberté durement acquise par nos aînés durant l’histoire.

♦ Voix humble mais digne. Voix qui ne fasse aucune concession au relativisme éthique. Voix qui refuse qu’on dispose de la vie naissante et finissante. Voix qui s’oppose à la stigmatisation d’autrui. Voix qui ne soit pas rejet mais projet. Voix qui tire sa cohérence d’une conscience. Voix protectrice de la cohésion sociale. Voix attentive aux enjeux planétaires.

♦ « Je suis comme un oiseau qui chante dans un buisson d’épines », disait déjà le Bienheureux Jean XXIII. Plus les épines seront nombreuses dans les événements du monde, plus ta voix importera !

Mgr Podvin - Porte-parole des évêques de France

Rome, jeudi 19 avril 2012 (ZENIT.org)

Mercredi 28/09/2011