Vocation & Discernement

Vocation & Discernement

On n’est pas totalement satisfait par un potentiel plan de Dieu. Révolté contre un plan style « to do list ». Comment remplir un programme que je ne connais pas ? Si Dieu le sait pourquoi ne nous le donne-t-il pas ? Mais en même temps si on passe à côté d’un potentiel plan, on rate sa vie. Souvent notre vie ressemble à un échiquier : une grille avec des cases, une seule case est la bonne mais quelle est-elle ? C’est la case de la vie réussie, de mon bonheur et de celui de Dieu. Mais c’est la seule et unique. Si je ne la trouve pas, ma vie est ratée.

Allons plus loin : il faut se donner les moyens de connaître sa vocation à venir. On essaye de répondre à cette question mais on ne peut pas y répondre. « Cherchez, vous trouverez ». Il faut donc chercher : c’est-à-dire discerner ; peser, évaluer, vérifier. Cela ne va pas apporter le mode d’emploi de Dieu. Cela va nous apprendre qui nous sommes, quels sont nos désirs les plus profonds. Reconnaître en nous-mêmes une voix de Dieu, un petit appel de sa part. Il ne s’agit pas de découvrir un mode d’emploi extérieur à moi mais une voie à l’intérieur de moi.

Discernement : apprendre à se connaître et dévoiler l’œuvre de Dieu.

Que répondre à un jeune qui veut connaître sa vocation sans se tromper ? La volonté de Dieu est que tu choisisses par toi-même après une réflexion personnelle de mener une vie heureuse. Il faut assumer son histoire, les rencontres que l’on a fait, quelle est l’intimité que l’on a avec Dieu pour qu’Il puisse venir en moi. Quelle réponse personnelle vas-tu donner à l’amour de Dieu en toi ? Il faut inventer sa réponse à l’appel de Dieu, à son amour pour nous qui est déjà là. Ne pas découvrir un mode d’emploi extérieur, ni trouver la bonne case pré-choisie. C’est choisir de répondre à un amour qui nous précède.

Quelle est l’image que j’ai de Dieu ? Souvent une image d’un Dieu tout-puissant, qui sait tout, et qui voit la vie comme un spectacle déjà connu. Et nous ? Serions-nous des figurants ? Ephésiens 1-4 « Il nous a élu en Lui (…) pour être immaculé dans l’amour ». C’est quoi le dessein de Dieu sur moi ? Pas de destin fatal mais un destin de salut. Son amour se donne et se communique. Volonté de Dieu : avoir une communion avec Lui. Pour qu’il y ait alliance avec Dieu, il faut être libre, Dieu ne peut rien imposer. Dieu nous offre à chacun sa communion. C’est à nous d’y répondre, ou pas. L’appel de Dieu est d’abord pour une communion, une plénitude, on est appelés à voir Dieu un jour en face à face. La réponse est inscrite nulle part. Dieu nous attend et nous espère, chacun de nous aura sa propre réponse. C’est notre grandeur de baptisés. On peut éveiller la joie de Dieu par notre réponse réfléchie, libre, généreuse, aimante car ce sera ce que nous sommes aujourd’hui et maintenant.

Les choix que nous faisons ne tombent pas de rien : on prépare nos choix avec ce que nous sommes. On prépare notre choix avec ce que l’on est. Il vient de ce que nous sommes aujourd’hui. Notre histoire est notre matériau de base.

Ici l’Esprit Saint nous rejoint par plusieurs biais :

  • Par la Parole de Dieu qui rejoint notre âme qui a soif de vérité et de plénitude, l’Évangile nous appelle à la perfection de la charité.
  • Par les sacrements.
  • Par notre amour du bien, du beau, du vrai. Porte d’action de Dieu dans nos vies. Son amour va prendre de la place dans nos cœurs. Comme les saints, nous pouvons donner notre propre réponse à Dieu. La vie des saints non plus n’a pas été programmée, mais ils ont toujours cherché l’amour de Dieu malgré les épreuves ou le doute. La vie d’un saint n’est pas un mode d’emploi non plus. Ce qui caractérise la vie des saints c’est leur réflexion spirituelle.

Ce n’est pas le matériau qui est important mais la réponse personnelle que l’on apporte chacun à Dieu. « Je vous ai choisis, je vous ai établis, (…) pour que vous alliez, vous porterez du fruit ». Est-ce que ma réponse est le fruit d’une liberté personnelle et profonde ? Est-ce que dans ma réponse je suis animé(e) par la paix et la liberté ? Ma réponse rejoindra toujours l’amour de Dieu si je suis libre. Cette réponse m’ouvre à un avenir choisi sous la lumière de l’amour de Dieu.

La vraie question : quelle est la sainteté à laquelle Dieu m’appelle ?

La paix et la joie sont deux fruits qui témoignent que ma vie est sous la lumière de Dieu. Abandon de la fidélité : prendre son temps pour prendre un choix, ne pas stresser pour demain si aujourd’hui je ne suis pas moi-même. La grâce est un don de Dieu gratuit et nécessaire à la foi car on ne peut se sauver tout seul. C’est maintenant que Dieu m’aime. Qu’est-ce qui fait la fidélité de notre vie actuelle ? Nos études, nos vraies amitiés, notre famille, nos relations… C’est maintenant que l’on déploie notre capacité à aimer. Ce qui est important : la fidélité à soi-même, tous les jours, le temps, et cultiver la joie. Avoir de bons amis, avoir des temps forts qui nous tirent vers le vrai et le beau, écouter le vrai désir profond qui dure dans notre cœur. Écouter les anciens : aumôniers, sœurs, se confier pour cheminer. Dieu n’a qu’une seule volonté : qu’on invente notre propre réponse.

Topo du Père Emmanuel Geffray – Notes prises par Perrine – Mercredi 18 avril 2018

Comments are closed.